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Nous sommes plusieurs années après les exploits du célèbre Hidalgo, bien du temps a passé depuis la fin de ses aventures. Il est maintenant prostré, misérable, et sa folie se cantonne à son enveloppe corporelle. Pourtant, depuis tout ce temps, et malgré le mépris que Quichotte exprimait parfois pour lui, Sancho ne quitte pas son maître. Il est devenu le gardien de l’histoire, qu’il se trouve contraint d’emballer précieusement à chaque fois que leurs créanciers les obligent à fuir. Toutes les aventures qu’ils ont partagées, objets, reliques et souvenirs se retrouvent enfouies sous des mètres et des mètres de papier d’emballage.


Et à chaque nouvel abri, Sancho sort tout, déplie, extirpe, et reprend le récit, déballage verbal autant que visuel, comme s’il espérait ainsi sortir Quichotte de sa torpeur. Ce dernier ne parle plus depuis longtemps. Sa seule compagne, la seule avec laquelle il communique encore, c’est sa guitare, Dulcinée. Il la caresse, la pince, et en sort parfois des mélodies inédites et envoûtantes. Elles accompagnent alors le récit de Sancho.


La forme

« Quichotte Déballage» est une forme de théâtre d’objets utilisant la matière brute, le papier d’emballage froissé, plié, déchiré... Il compose les décors, les accessoires, les personnages... Don Quichotte devenant de cette façon et dans tous les sens du terme un véritable « héros de papier » d’environ 40 à 50 cm... Les personnages sont manipulés à vue, le manipulateur, jouant aussi le rôle de Sancho, est accompagné par un guitariste représentant de façon musicale Don Quichotte.


Mise en scène

L’idée est ici de proposer une adaptation du texte de cette oeuvre colossale, une sélection des scènes les plus marquantes et symboliques de Don Quichotte, tout en gardant l’évolution dramatique et psychologique des personnages.

L'ouvrage de Cervantès, dès sa création, fut l’objet d’interprétations diverses et variées, chacun voyant en quelque sorte midi à sa porte dans ce récit. Nous avons donc la conviction de pouvoir réaliser une adaptation ouverte, s’adressant autant au jeune public qu’au public adulte. Nous pensons aussi, par expérience, que la forme que nous proposons, le théâtre d’objets, de matière brute et d’ombres, peut non seulement apporter un éclairage différent sur le texte, mais aussi proposer un décalage supplémentaire, le symbolisme de l’image laissant peut-être plus de place au sens profond de l’histoire et à l’interprétation de chaque spectateur. Compte tenu de la diversité des scènes écrites (drôles, épiques ou touchantes), de la forme marionnettique envisagée et de notre expérience pour adapter en décalé ce type d’oeuvres, nous créerons un spectacle tantôt comique ou burlesque, tantôt philosophique ou émouvant. Nous envisageons donc de proposer ce spectacle en tout public à partir de 6 ans, sans limite d’âge vers le haut.

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